Le Mont-Blanc à la manette : quand le massif devient un jeu vidéo

Massif du Mont-Blanc enneige, Alpes

Il y a de fortes chances que vous ayez déjà survolé la vallée de Chamonix en wingsuit, dévalé une pente de l’Aiguille du Midi en snowboard ou plané en parapente au-dessus des Aravis – le tout sans quitter votre canapé. Depuis une dizaine d’années, le massif du Mont-Blanc n’est pas seulement le plus haut terrain d’aventure d’Europe : c’est aussi l’un de ses plus grands terrains de jeu numériques.

Le téléphérique de l'Aiguille du Midi, au-dessus de Chamonix

Le massif recréé pixel par pixel

En 2016, le studio Ubisoft Annecy – installé, comme son nom l’indique, au pied des Alpes – sort Steep, un jeu de sports extrêmes en monde ouvert entièrement construit autour du Mont-Blanc. Les développeurs n’ont pas eu à chercher loin leur décor : ils l’avaient sous les yeux. Le résultat réunit dans un même monde explorable les grands noms du massif et de ses voisins – le Mont-Blanc et ses Aiguilles, le val d’Aoste, le Tyrol, les Aravis – que l’on parcourt librement à ski, en snowboard, en parapente ou en wingsuit.

Steep n’est pas un cas isolé. Les simulateurs de vol modernes, nourris de relevés photogrammétriques, permettent aujourd’hui à n’importe qui de décoller de Genève et de venir raser le Dôme du Goûter. Le sommet le plus scruté des Alpes est aussi l’un des plus modélisés au monde.

Une montagne devenue objet de culture

À force d’apparaître sur les écrans, le Mont-Blanc a rejoint le grand bazar de la culture populaire, aux côtés des sagas de cinéma et des franchises de jeux vidéo. C’est un terrain que des médias pop culture comme Geek Planet arpentent régulièrement, entre tests de jeux d’aventure en plein air et actualités des studios. Le massif ne se contente plus d’inspirer les alpinistes : il inspire aussi les game designers.

Du virtuel au sentier

Il y a pourtant un monde entre les deux expériences, et pas qu’en pixels. Steep célèbre la vitesse et la chute : on descend, on plane, on enchaîne les figures. Le Tour du Mont-Blanc, lui, est une affaire de lenteur et de patience – on ne conquiert pas le sommet, on en fait le tour, à hauteur d’alpage, col après col, pendant huit jours. Là où le jeu comprime les Alpes en quelques minutes de glisse, le trek les étire sur 170 kilomètres et trois pays. Deux façons opposées d’habiter la même montagne.

Beaucoup de randonneurs croisés sur le TMB avouent avoir « connu » le massif à l’écran bien avant d’y poser leurs chaussures. L’ordre importe peu : qu’il entre dans une vie par une manette, un film ou un vieux topo-guide, le Mont-Blanc finit toujours par donner envie d’aller y voir de plus près. La suite se joue à pied, depuis Les Houches.